mercredi 23 décembre 2009

ALSACE

débat Identité Nationale

Après l'étoile jaune, faudra-t-il un jour porter une étoile verte ? par Jean-François Bouthors…
LEMONDE.FR | 22.12.09 | 18h23 • Mis à jour le 22.12.09 | 19h12

Ce qui se passe en France depuis l'ouverture du débat sur l'identité nationale est insupportable.

Ce qui se dessine, c'est la montée de l'ostracisme à l'encontre de toute population dont la religion, la couleur de peau, le langage ou la tenue vestimentaire, voire l'âge, sont susceptibles d'inquiéter les Français ou du moins une partie d'entre eux qui s'arrogent le monopole de l'identité nationale.

Depuis plusieurs années, même quand ils sont citoyens français, ces "étrangers", ces "aliens" sont – à l'exception de ceux qui appartiennent aux couches économiques supérieures, mais pour combien de temps encore ? – tenus aux marges de la société. Un grand nombre d'entre eux sont assignés à des conditions de vie pénibles, sinon humiliantes. C'est une des raisons – certes pas la seule, mais elle n'est pas négligeable – qui expliquent que certains versent dans la marginalité ou la délinquance. Les statistiques témoignent d'une surreprésentation de ces populations dans les lieux de détention. Plutôt que de se contenter de chercher dans de tels chiffres des raisons de justifier nos peurs, nos lâchetés et nos démissions, nous devrions y voir une source d'interrogation sur la violence des injustices qui ravagent notre société et mettent l'identité nationale en lambeaux.

Depuis quelques mois, c'est sur les musulmans que se focalise l'attention. Cela s'est tout d'abord manifesté avec la création de la commission parlementaire sur le port de la burqa, alors même que cette pratique est ultraminoritaire. Depuis le lancement du débat sur l'identité nationale, ce phénomène s'est accéléré, et ceux qui s'en réjouissent ont vu dans le référendum suisse interdisant les minarets une sorte d'autorisation à se lâcher… Ce que l'on a entendu depuis dépasse ce que l'on aurait imaginé six mois plus tôt. Or si l'on remplaçait dans les discours le mot islam par celui de judaïsme, ou celui de musulman par le mot juif, l'indignation serait à juste titre générale.

Lentement mais inexorablement, les musulmans revêtent le costume du bouc émissaire de toutes les carences, de tous les défauts et péchés de notre société, alors que la crise économique multiplie les inquiétudes et les tensions sociales. C'est inacceptable. L'aveuglement est tel qu'on en oublie souvent que nombre de musulmans qui vivent dans notre pays sont des citoyens français, qui partagent les mêmes droits et devoirs, la même dignité que tout autre Français. On en oublie aussi pour les nouveaux venus la tradition d'hospitalité dont s'est longtemps enorgueillie la France.

De la question de l'intégration des différences dans le kaléidoscope national, on est maintenant passé, dans la bouche du ministre de l'identité nationale et de l'immigration, à l'injonction de l'assimilation à un modèle d'identité dont on se demande qui en possède tous les traits, et qui est fondé à les définir. Le président de la République lui-même n'a pas craint de recommander aux musulmans la discrétion. Ceux-ci sont priés de ne pas relever la tête, de ne pas se faire trop entendre. Faudra-t-il demain qu'ils rasent les murs comme les juifs du temps de l'affaire Dreyfus ? Faut-il croire que dans la France laïque, il y aurait place pour une sorte de dhimmitude à l'encontre des musulmans ? Puis sans doute, ensuite, à l'encontre des autres religions qui n'appartiendraient pas à l'identité républicaine française !

Il est effrayant de voir ainsi l'identité nationale rabattue sur l'appartenance religieuse ou ethnique. Il est scandaleux qu'au même moment, on renvoie dans leur pays, où ils ont fui la guerre, des Afghans sans papiers, musulmans, qui plus est en enfreignant les règles du droit international. C'est un peu comme si on avait renvoyé outre-Pyrénées, en 1936, les Espagnols qui fuyaient la guerre civile ! Il est consternant d'apprendre que sur 178 auditions devant les parlementaires de la commission sur le port de la burqa, 150 étaient contre le port du voile, comme l'a déclaré Eric Raoult. Un tel score est digne d'un débat contradictoire tel qu'on l'aurait organisé en Union soviétique. Fort heureusement, les deux tiers des personnes entendues ne sont pas favorables à une loi sur le sujet : il reste un peu de raison dans ce pays…

Nous, qui ne sommes ni des inconditionnels du Coran ni ignorants des dangers extrémistes ou communautaristes qui existent dans notre société, condamnons cette dérive du débat sur l'identité nationale. Nous considérons comme désastreux et particulièrement dangereux pour l'avenir du pays le sort fait à ceux qui sont perçus comme des étrangers, pour quelque raison que ce soit. En raison même de l'idée que nous nous faisons de la dignité humaine, en raison du fait que la liberté religieuse et la liberté de conscience sont des droits humains fondamentaux, nous demandons que soit mis un terme à tout ce qui peut nourrir ou sembler justifier les dérives actuelles, à commencer par ce "diabolique" débat sur l'identité nationale qui ne sème que la division. Après l'étoile jaune, faudra-t-il un jour porter une étoile verte ?

Premiers signataires :

Marie-Pierre Archambeaud, Guy Aurenche, Esther Benbassa, Jacqueline Berger, Jean-François Bouthors, Frédéric Boyer, Marie-Françoise Brihaye, Anne et Hervé Chabert, Philippe Chevallier, Dominique Chivot, Jean Daviot, Bill et Florentine Deraime, Jean Delumeau, Marie-Jo Deniau, François Euvé, Olivier Favereau, Mgr Georges Gilson, Etienne Grieu, Laurent Grzybowski, Monique Hébrard, Marie Holzman, Helena Lasida, André et Geneviève Le Gall, Marc Leboucher, Pierre Lembeye, Beatrice Litzellmann, Isabelle Marin, Michela Marzano, Véronique Nahum-Grappe, Anne Nerdrum, Anne Nivat, Bernard Perret, Gérard Pirlot, Claude Plettner, Marie-Christine Ray, Alain Renaut, Jean-Pierre Rosa, Alain Salomon, Caroline Sers, Régina Sneifer, Bernard Stephan, Hubert Stoecklin, Irène Terrel, Gérard Testard, Christoph Theobald, Beatrice Toulon, François Vaillant, Catherine Van den Steen, Dominique Vidal, Alain Woodrow

mercredi 9 décembre 2009

Refuser

Au dela du titre qu'il faut reprendre dans la quotidienne attitude pour ce qui n'est pas conforme à notre ethique. Il est bon de lire et relire ce qui dit Philippe Breton sur les mortels dans des circonstances extra-ordinaire . L'analyse est profonde.
Les Refusants Philippe Breton La Découverte

mercredi 28 octobre 2009

Bioéthique


Nicolas Lemas
Bioéthique : une nouvelle frontière des valeurs ?
Ellipses, Paris. Collection Transversale-débats - 1er mai 2009



Euthanasie, clonage, expérimentations humaines, définition de la mort, cellules souches ou pillages des ressources génétiques du tiers-monde... La liste est longue des dilemmes que les sciences du vivant posent à la conscience humaine.

Toute éthique commence, disait Gershom Scholem, par une question. À l'heure où le pouvoir-faire de l'homme semble en avance sur sa réflexion morale, où la frontière moléculaire ontologique entre le naturel et l'artifice humain est battue en brèche par les biotechnologies, la bioéthique est précisément cette réflexion qui prétend jeter un pont entre le monde de la médecine et celui des humanités pour restituer à l'homme la maîtrise de sa destinée biologique.

Partie prenante de la délibération publique constitutive des démocraties, intégrée à l'hôpital et à la recherche, la bioéthique fait désormais partie du paysage. En faisant le point sur sa genèse et ses enjeux contemporains, ce livre fournit au lecteur les clés nécessaires pour se poser les bonnes questions, et pour lui permettre d'écrire lui-même les bonnes réponses.


Pour en savoir plus :site de France Culture:http://sites.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/dossiers/2009/bioethique/biblio.php

mardi 27 octobre 2009

crete


Ce beau pays vaut vraiment la visite .
Une population vraiment sympa , une grande diversité de paysage du désert type causses de sauveterre au lagon . Un réservoir d'histoire et d'architecture. une belle ambiance dans les ports de rethymnon et la canée , les petites ruelle étroites sont pleines de ressources artisanat, resto sympa avec musique et maisons très bien restaurées, un mélange d'architecture italienne et turque. Le nec plus ultra ...

Le niveau de vie est élevé , sauf dans les village perchés où le tourisme ne vient pas trop.

Il y a du laid aussi d'immense rassemblement de café-bar à touristes , genre plutôt peu musicaux.
bref un lieu de vacances vraiment idéal.

mercredi 7 octobre 2009

le banlieue . On a donc oublié??




Qui a peur de la banlieue ?
Bayard. Collection Le temps d'une question - 25 septembre 2008


Ce que nous apprend la banlieue sur la citoyenneté, le droit et la créativité

Automne 2005 : les banlieues françaises font les gros titres des médias dans le monde entier. Judith Revel connaît la banlieue pour y avoir enseigné plusieurs années. Ce livre est né de son désir de témoigner de cette expérience et de l’analyser, en philosophe. Elle reproduit des pages de son journal qu’elle a tenu pendant ses années d’enseignement en banlieue, retrace les événements marquants et propose son analyse…
En décortiquant l’émergence de la nouveauté à travers ces conflits, dans les banlieues jugées improductives ; elle voit une possible citoyenneté, nouvelle, ainsi que les fondements d’une culture en devenir.
Voir et revoir l'emission spéciale sur France-Culture : répliques sur le sujet : 6 Juin 2009

Lire également Les Quartiers entre espoir et enfermement. Transversales Franck Chignier-Riboulon



croissance et finance : déception du G20

Croissance et finance par Luc Chatel

Surprenant Michel Rocard. Un jour il légitime Nicolas Sarkozy en acceptant ses missions (sur le grand emprunt, la taxe carbone…), le lendemain il en appelle à une politique radicalement opposée : « dans la pensée économique dominante, on dit : “Améliorons le marché, et il y aura moins de chômage !”. C’est tellement faux. » Cette citation extraite d’un entretien donné au Monde (1) révèle les paradoxes de l’ancien Premier ministre, et à travers eux, ceux de notre époque. D’un côté, il se fait l’apôtre du consensus, du compromis de gouvernement, de l’autre, il dresse des constats qui appellent à l’exact contraire : rupture et radicalité. Par exemple quand il dit : « l’économie a cessé de s’intéresser aux conséquences sociales de ce qu’elle faisait pour laisser cela à la charité ou à la police ». De tels écarts entre le constat et la pratique, entre la pensée et l’action contribuent à rendre les électeurs perdus et les citoyens perplexes.
Le constat s’applique aux réactions face à la crise, notamment autour des G20. À quelques rares exceptions près, économistes et gouvernants expriment la nécessité d’une remise en cause radicale du système. Quel candidat en campagne, quel grand chef d’entreprise ou patron de banque n’a jamais déclaré, la main sur le cœur, que l’économie devait être mise au service de l’homme ? Colloques et débats sont organisés tous les deux jours sur la question. Et le 26 septembre, au lendemain du G20 de Pittsburgh, que voit-on ? Les chefs d’État des plus grandes puissances économiques et financières satisfaits d’avoir pris des mesurettes qui ne sont absolument pas à la hauteur des enjeux. Et rien sur les « conséquences sociales » dont parle Michel Rocard, rien sur le chômage durable qui touche pourtant tous ces pays. Le dogme de la croissance, bousculé par les scores croissants des écologistes et de la gauche radicale en Europe (France, Allemagne, Portugal), reste la vertu cardinale des chefs d’État et de gouvernement. Pour preuve, l’un des rares motifs de satisfaction du G20, selon certains, serait la place désormais plus importante laissée aux pays émergents : Brésil, Inde, Chine. Mais quel est le modèle de ces pays ? Exactement le même que le nôtre : développement économique et creusement des inégalités. Sans même parler d’écologie… La nouvelle gouvernance promue de G20 en G20 n’est qu’esthétique, elle demeure celle de la finance et de la croissance.

(1) Dimanche 27 septembre.